L’entraide n’a pas d’âge 

 

Solution anti crise pour les uns, anti isolement pour les autres, les colocations intergénérationnelles sont une force. En proposant à deux générations de partager le même toit, Le Pari Solidaire et Ensemble2générations appartiennent à cette nouvelle génération d’associations qui font bouger les lignes du mieux vivre ensemble. Rencontre avec Fazolat et Apolline, 23 ans toutes les deux et leurs hôtesses, Anne, 97 ans et Elisabeth, 93 ans. Une Palme de l’initiative intergénérationnelle a même été mise en place. Avec à la clef, une colonie de vacances où les 4-17 ans partent avec leurs grands-parents, une émission de radio ou des anciens échangent avec des élèves d’une école primaire, ou des programmes mêlant auto-stop et bon plans jardinage… Puis nous sommes allés rencontrer Siel bleu. Une association devenue emblématique et qui s’adresse à tous les publics « fragilisés ». Par l’âge, un accident, une maladie. Quand les uns soutiennent les autres… et inversement.

De plus en plus de seniors disent « non » à la maison de retraite et préfèrent ouvrir leur porte à des jeunes, âgés de 18 à 30 ans. L’avantage : ils bénéficient d’une présence humaine et, en retour, leur proposent un loyer au tarif modéré.

Fazolat, 23 ans, trouve qu’elle a de la chance. Étudiante ouzbèke de 23 ans, elle loge durant ses études dans un grand appartement parisien chez Anne, sa propriétaire, 97 ans, mais toujours alerte. Comme elle paye un loyer quasiment inexistant, elle s’engage à l’aider en cas de pépins – si jamais sa colocataire chute, par exemple. « Mais je ne fais pas grand-chose, puisque je ne remplace pas les auxiliaires de vie, présentes au quotidien  », souligne la jeune femme, censée, depuis son emménagement en novembre 2014, être rentrée le soir avant 23 heures, afin de passer la nuit à ses côtés. Pour autant, elle continue de vivre, comme une étudiante : « Quand je veux sortir, je demande, et, en général, cela ne pose aucun problème ».

Fazolat vit dans une colocation intergénérationnelle, comme il y en a certaines, en France. Rapidement après son arrivée en France, il y a deux ans, elle a appris l’existence de l’association Le Pari solidaire (faisant partie du groupe SOS), qui a formé près de 3 500 binômes depuis 2004, l’année de sa création. Fazolat, dont les études sont chères, n’a pas hésité un instant. « Le principe est intéressant, on partage certains de nos repas, on discute », glisse-t-elle avant de recommander aux autres étudiants de se lancer. « C’est enrichissant », insiste-t-elle dans un français parfait.

Makiko Yano, directrice du Pari solidaire, situé dans le Sud de la capitale, tient à rassurer : « Le jeune ne remplace pas les membres de la famille du senior. Les enfants et les petits-enfants sont parfois très présents. » Du côté de chez Fazolat, par exemple, la fille de sa propriétaire, appelle tous les jours…

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